Séminaire IRSEM : Peut-on parler de « guerre première » ? Vendredi 2 février 2018

La section « La guerre, le temps et l’espace » vous invite à son séminaire AEGES/IRSEM : Peut-on parler de « guerre première» ?

Vendredi 2 février 2018, 17h30
École militaire 1, place Joffre
Amphithéâtre Louis

Inscription obligatoire : lien

 

Avec les interventions de :
Rémy BAZENGUISSA-GANGA (IMAF-EHESS) :
« Sans trois, la vie sociale est toujours possible. Segments et bandes contre l’État »
Nicolas ISRAËL (Académie de Paris) :
« Une anthropologie du djihadisme »

Peut-on se contenter de considérer la guerre comme un simple objet d’études, alors que les implications
anthropologiques se répercutent immédiatement sur le champ politique ? On se réfère au néologisme des « arts
premiers », qui ne résout que partiellement la question des différences culturelles, des sociétés chaudes et
froides selon Lévi-Strauss, des peuples présumés sans ou avec histoire, pour tenter de lever l’hypothèque qui
pèse sur l’anthropologie et l’ethnographie depuis leur naissance. À cet égard la philosophie et les sciences
sociales permettent de reformuler les enjeux que les sciences en général et l’anthropologie en particulier
rencontrent en élisant la guerre pour objet d’investigation. Y a-t-il une définition présupposée et sous-jacente
aux recherches en paléoanthropologie qui découvrent une ancienneté du phénomène belliqueux, aux recherches
sur les mythes fondateurs qui racontent la naissance de la société, aux traditions philosophiques qui inventent
un état de nature pour délimiter le politique ? Le discours sur la guerre est bien souvent simplificateur,
notamment en termes de cultures et de religions. On envisagera par hypothèse une primitivité de la guerre, pour

tenter de savoir si elle est le témoignage, voire la preuve, que les hommes, par la violence, font société. Y aurait-
il une primitivité du politique qui nous est masquée par des siècles d’élaboration institutionnelle ?

Responsables : Ninon Grangé, Audrey Hérisson