Depuis la crise des missiles de Cuba en 1962, les études sur les crises ont produit, en Relations internationales et dans les études stratégiques, une importante littérature spécialisée qui s’attache à appréhender les multiples dimensions de ce phénomène singulier. Les travaux qui se sont développés dans ce secteur particulier de la connaissance durant la Guerre froide ont ensuite irrigué l’ensemble des études sur les crises (J. Robinson ; P. Lagadec). Cette littérature produite depuis la Guerre froide, loin de constituer un corpus épistémologique homogène, est marquée par la transversalité qui existe entre différents domaines de la connaissance et de l’activité humaines. Ainsi, en France notamment, les études stratégiques, dans le contexte singulier de la bipolarité nucléaire, ont initié une réflexion particulièrement féconde sur les crises (internationales, mais pas uniquement) dans laquelle cette section thématique entend s’inscrire.

Cette section a tout d’abord pour objectif d’interroger l’actualité dont témoigne cet objet, et l’utilisation parfois abusive qu’il est fait du concept de crise pour qualifier un certain nombre de situations d’incertitude. Elle a également pour objectif de structurer ce champ de recherches autour d’axes de réflexion spécifiques, théoriques et pratiques. Les travaux de la section porteront notamment sur les rapports entre crise et stratégie, crise et sécurité, crise et guerre, crise et conflit, crise et incertitude, crise et terrorisme. Ils porteront également sur les effets produits par les crises, d’un point de vue organisationnel, sociologique, psychologique, sur les institutions et sur les structures ainsi que sur les acteurs (cellules de crises, décideurs, médias, victimes), en termes de perceptions, de temporalité, de décision et d’action. Ils interrogeront aussi les modalités de prévention, de gestion et de résolution des crises, les stratégies de vieille informationnelle, de communication de crise, de négociation ou encore les logiques opérationnelles relatives aux « coûts » et « coups » tactiques engagés en situation de crise (M. Dobry).

Cette section est ouverte à tous les chercheurs qui s’intéressent à ces phénomènes conflictuels particuliers, aux situations de montée aux extrêmes, aux phénomènes de tension, de turbulence, de rupture, d’instabilité, de catastrophe, de risques majeurs qui impliquent un temps limité pour la décision et une augmentation du stress pour les décideurs.

L’ambition de cette section est de réunir les chercheurs dont les travaux portent notamment sur les aspects suivants :

  • La dimension théorique des crises :

    • La production de définition, de typologies, de théories ;

    • Les études sur les causes des crises et leurs effets (symboliques et réels) sur les structures et institutions, sur les acteurs (cellules de crises, décideurs, médias, victimes), leurs comportements, leurs perceptions, les processus de prise de décision ;

    • Les rapports entre les crises et l’ensemble des phénomènes de rupture ou d’instabilité, économique, sociale, politique, stratégique et militaire (dépression, récession, faillite, guerres, révolution, insurrection, soulèvement, émeutes, attaques terroristes, prises d’otage, tensions diplomatiques, menaces du recours à la violence armée, belligérance, montée aux extrêmes), les rapports entre les crises et certains risques ou certaines catastrophes, naturelles (séismes, crues, tsunamis, éruptions, variation de température, avalanches, tempêtes), ou non-naturelles qui sont la conséquence d’attaques ou d’accidents (nucléaires, radiologiques, bactériologiques, chimiques, cybernétiques), les rapports entre les crises et certaines situations extrêmes ou exceptionnelles (loi martiale, état de siège, état d’exception, légalité de crise, état d’urgence) ;

  • La dimension opérationnelle et tactique des crises :
    • Les modalités techniques et les méthodes de prévention des risques, de sécurisation des menaces ;

    • L’efficacité et les limites des plans et procédures de prévention (voire de gestion) de crise ;

    • Les ressources matérielles, humaines et intellectuelles nécessaires à une prévention et gestion efficace des crises ;

    • Les stratégies, méthode et techniques de gestion de crise : protection des structures, organisation, accès et sécurisation de l’information, communication de crise, négociation, décision et action.

Les objectifs envisagés dans le cadre de cette section sont les suivants :

  • Promouvoir la recherche sur les crises, objet stratégique à part entière, « être stratégique autonome » (L. Poirier) ;

  • Favoriser une collaboration entre des chercheurs issus d’horizons différents et la production d’une recherche originale sur les crises.

Les actions envisagées pour atteindre ces objectifs sont les suivantes :

  • Relayer, sur le site Internet de l’AEGES et des partenaires de la section, notamment l’IEC, les appels à proposition, les publications et manifestations scientifiques relatives aux crises ;

  • Organiser des colloques et journées d’études. Une première journée d’étude pourrait être organisée fin 2016 sur le thème « Crises et inconnu : quand des phénomènes exceptionnels remettent en question notre connaissance ». Cette journée donnerait lieu à une publication.

  • Organisation d’un cycle de conférences sur le thème « Crise et terrorisme » (qui donnerait également lieu à une publication).

  • Développer des séminaires de travail réunissant des universitaires, des professionnels, praticiens de la gestion de crise, et des étudiants de troisième cycle, DU, inscrits dans des formations spécifiquement dédiées aux crises. Un premier séminaire sur le thème « Stratégies de recueille de l’information et communication de crise » pourrait être envisagé courant 2017. Ces rencontres pourraient donner lieu à la publication de rapports.

Ces différents événements seront organisés en lien avec différents partenaires, dont l’Institut d’Étude des Crises (IEC).

Responsable de section

Thomas Meszaros

Thomas MESZAROS est maître de conférences en science politique à l’université Jean Moulin Lyon 3 et chercheur rattaché à l’équipe Francophonie, Mondialisation, Relations Internationales (FMRI – CLESID EA 4586). Il préside l’Institut d’Etude des Crises (IEC). Il est responsable du parcours « Gestion de programmes internationaux » du master 2 relations internationales. Ses travaux de recherche portent sur la théorie des crises (épistémologie, modélisation), sur la gestion de crise, il a notamment développé un certain nombre d’exercices de simulation (mises en situation, jeux sérieux), et sur les Relations internationales.

Contact : thomas.meszaros (@) univ-lyon3.fr

Thomas Meszaros