Les Relations internationales ont longtemps été considérées comme une discipline américaine. Cela s’est traduit, pendant toute la seconde partie du 20e siècle, par une surreprésentation de cas empiriques occidentaux dans le champ des études stratégiques. Les normes seraient diffusées du centre vers les périphéries. Dès lors, la contribution des penseurs et des recherches non occidentales, et la façon dont les connaissances occidentales dépendent aussi des technologies, des idées et des normes d’Asie ou des mondes musulmans et africains par exemple, sont sous-étudiées et sous-évaluées. Pourtant, des changements importants ont pu émerger depuis une dizaine d’années. De nombreux auteurs encouragent aujourd’hui à trouver d’autres façons de conceptualiser les relations internationales (Bertrand Badie, Amitav Acharya, Rita Abrahamsen, Thierry Balzacq, Frédéric Ramel, etc). Ils interrogent la pertinence des théories construites à partir de cas européens ou américains, invitent à une prise en compte des approches produites dans les pays non occidentaux, et questionnent les transferts et les appropriations entre les communautés épistémiques et les communautés de pratiques venues d’États divers. Cette section thématique vise à contribuer à cet élargissement du champ géographique des Relations internationales, en développant une meilleure connaissance de la façon dont les pensées stratégiques non occidentales sont construites, produites et mises en œuvre dans les champs de la décision, de l’expertise et des sciences politiques.

1/ Pour cela, elle s’intéressera, d’une part, à la façon dont sont produites et diffusées les connaissances dans le champ des études stratégiques des pays non-occidentaux. Cette section vise ainsi à appréhender les représentations non occidentales du système international. Ces approches peuvent défier les approches occidentales des Relations internationales et sont révélatrices des évolutions du système international.

2/ D’autre part, elle étudiera dans ces pays les structures étatiques de prise de décision et de planification dans le domaine de la défense et de la sécurité, et leurs interactions avec les acteurs non étatiques.

Responsables de section

Mélissa Levaillant

mélissa

Mélissa Levaillant est chercheuse sur l’Asie du Sud à l’IRSEM. Docteure en science politique et en relations internationales, elle a soutenu sa thèse sur le ministère des Affaires étrangères indien en décembre 2016 à Sciences Po. Elle enseigne également les relations internationales et la sécurité́ en Asie du Sud à Sciences Po.

Ses recherches portent sur la politique étrangère et de Défense de l’Inde, les migrations entre l’Asie du Sud et le Golfe, la sociologie de la diplomatie et la Foreign Policy Analysis. Elle a réalisé́ de nombreux terrains de recherche en Inde (New Delhi, Kerala) et dans les pays du Golfe (Abu Dhabi, Dubaï, Mascate). Elle a publié en 2017 un ouvrage chez Rouledge, coédité avec Raphaëlle Khan et Mischa Hansel, intitulé Theorizing India’s Foreign Policy.

Contact : melissa.levaillant@gmail.com

Sonia Le Gouriellec

Sonia Le Gouriellec est docteur en Science Politique et chercheuse Afrique de l’Est à l’IRSEM. Elle est également enseignante en Droit Constitutionnel et Institutions  politiques  à  l’Université  Paris  Descartes  et à l’INALCO. Elle enseigne « Apprendre des Suds ? Les théories et concepts des Relations internationales à l’épreuve de la Corne de l’Afrique » à SciencesPo.

Ses recherches portent sur la construction de l’Etat, la hiérarchie en relations internationales, la stratégie des petits États, et l’évolution de la conflictualité en Afrique. Elle a coordonné l’ouvrage « Notre monde est-il plus dangereux ? 25 questions pour vous faire votre opinion » paru chez Armand Colin en septembre 2017. Elle prépare un ouvrage sur Djibouti.

Contact : sonia.le-gouriellec@defense.gouv.fr