La France est le lieu d’un paradoxe : l’étude académique du renseignement a tardé à s’y structurer, tandis qu’elle est l’un des rares pays européens à disposer de l’ensemble des services de renseignement intérieurs et extérieurs, civils et militaires et à posséder des moyens techniques de premier plan  y compris en matière de renseignement électronique. En outre, le renseignement occupe une place singulière dans l’État et ses politiques régaliennes, dans la politique étrangère et en soutien de notre engagement de la puissance militaire.

Alors que la publication devenue «industrielle» de recueils et de manuels sur les études du renseignement (Intelligence Studies) démontre l’arrivée à maturité, parfois jusqu’à la redondance, d’un champ intellectuel international des études sur le renseignement (en particulier aux États-Unis, Canada et Royaume-Uni) la recherche universitaire sur le renseignement commence à émerger en France et à se densifier. Les recherches menées en Histoire, notamment, ont ouvert la voie à une variété de travaux dans d’autres disciplines. L’enjeu désormais est de combler le déficit d’études françaises – et en langue française.

Cette section se propose de réunir les nombreuses initiatives isolées de recherche sur le renseignement. Des thèses sont soutenues ou en préparation, des ouvrages de plus en plus nombreux synthétisent l’état de la réflexion ou ouvrent de nouveaux axes de recherches. Des travaux qui ne sont pas spécifiquement dédiés aux problématiques du renseignement, du secret et de l’action clandestine croisent de plus en plus souvent ces domaines. L’ambition est ici de fournir une plateforme de recension des travaux en cours, et de mise en contact et d’échange de tous ceux qui travaillent sur le renseignement. La section « renseignement » de l’AEGES se donne pour objectif de proposer un état de l’art et un état de la question perpétuellement renouvelé et à jour.

Un dispositif de veille des événements et de recension des travaux sera bientôt ici en ligne.

Responsables de section

Olivier Chopin

Olivier Chopin est enseignant-chercheur, chargé de cours à Sciences-Po Paris en sécurité internationale et chercheur associé au Centre de recherches politiques Raymond Aron (CESPRA) de l’EHESS. Ses recherches portent sur les problématiques du renseignement et de l’action clandestine, en particulier dans le contexte de la réforme institutionnelle de la sécurité aux États-Unis d’Amérique après le 11 septembre 2001, et de façon plus générale sur les déterminants des politiques étrangères et de sécurité britannique et américaine. Il a dirigé en en 2011 le rapport Étudier le renseignement, commandé par le ministère de la Défense (Études de l’IRSEM n°9) et publié récemment Pourquoi l’Amérique nous espionne ? (éditions Hikari).

Contact : olivier.chopin (@) gmail.com

Alexandre Rios-Bordes

Alexandre Rios-Bordes est historien. Son principal travail de recherche a consisté en une thèse de doctorat d’histoire, préparée au sein du laboratoire Mondes Américains (EHESS-CNRS), sous la direction de M. François Weil, consacrée à l’émergence de l’« Etat secret » aux Etats-Unis. Ce travail sur l’Etat contemporain, l’histoire se poursuit notamment, depuis l’automne 2014, dans le cadre d’un programme de recherches interdisciplinaire financé par l’Agence Nationale de la Recherche, accueilli par l’Institut Marcel Mauss (EHESS-CNRS), et intitulé « Ni guerre, ni paix ? Les nouages de la violence et du droit dans la formation et la transformation des ordres politiques ». Ses recherches sont désormais consacrées à une histoire de la guerre en tant que problème de gouvernement. Son principal chantier de recherche consiste en une histoire de la « sécurité nationale » en tant que forme de l’arrangement intellectuel, institutionnel et pratique des Etats contemporains avec la guerre.

Contact : ariosbordes (@) hotmail.com

Coordinateurs

Benjamin Oudet

Benjamin Oudet est doctorant contractuel en Science politique à l’Université de Poitiers. Ses recherches portent sur les problématiques du renseignement contemporaine et il travaille particulièrement sur les coopérations internationales en matière de renseignement dans le cadre de sa recherche doctorale. Il anime la section Renseignement au sein de l’AEGES et a assuré avec Olivier Chopin le cours Strategic Intelligence au sein du Collège Universitaire de Sciences Po. Il a publié avec Olivier Chopin Renseignement et Sécurité (Armand Colin, Cursus, 2016). Diplômé de Paris I Panthéon-Sorbonne, il a été primé par l’IHEDN (janvier 2015) pour son mémoire sur la raison d’Etat dans la démocratie autour du problème des drones armés.

Contact : benjamin.oudet (@) orange.fr

Pauline Blistène

Pauline Blistène est doctorante en philosophie à l’Institut des Sciences Juridiques et Philosophiques de la Sorbonne (ISJPS/Paris 1). Sa thèse, financée par le Ministère de la Défense-DGA/MRIS, porte sur les rapports entre réalité et fiction dans le monde du renseignement. Elle dirige depuis mars 2016 le projet TESDEM (Terrorisme et Séries TV en Démocratie) financé par le CNRS dans le cadre de l’appel à projets « Attentats-Recherche ». Elle a enseigné la Sécurité Internationale, la Science Politique et la Pensée Politique à Sciences Po et a récemment publié « Homeland : l’ennemi, la menace et la guerre contre la Terreur » (TV/Series n°9, avec Olivier Chopin). Elle est diplômée de Sciences Po Lille et de la SOAS de Londres en relations internationales-journalisme et International Politics.

Contact : pauline-elise.blistene (@) univ-paris1.fr