Séminaire : Peut-on parler de « guerre première » ?, 15 juin 2018 à l’Ecole militaire

 

Séminaire organisé par le groupe de travail : « La guerre, le temps et l’espace. Systèmes de pensée et expériences » (lien)

Peut-on parler de « guerre première » ?

 

Vendredi 15 juin 2018, 17h30
École militaire 1, place Joffre
Amphithéâtre Moore

 

Inscription obligatoire

 Avec les interventions de :

  • Marylène Patou-Mathis (CNRS) : « Une préhistoire violente : mythe ou réalité ? »
  • Bruno Maureille (Université Bordeaux 1-PACEA)« Agressivité interindividuelle humaine. Que nous apprennent les vestiges osseux des vieux fossiles humains ? »

 Présentation de la séance :

La séance propose d’aborder frontalement la question de l’origine de la guerre comme phénomène social. Sans philosophie de l’histoire dûment constituée, la philosophie l’a traitée de manière théorique dans le cadre d’une réflexion sur les institutions, par exemple liée à une anthropologie dite politique. Le séminaire se propose de confronter la théorie à l’expérience, et de multiplier les points de vue en sciences humaines et sociales. C’est pourquoi il invite deux historiens au fait de la paléoanthropologie. Ce sera l’occasion de leur poser les deux questions intriquées de l’origine et de la définition de la guerre. À partir de quand, c’est-à-dire selon quelle définition, peut-on parler de guerre entre les hommes ? Celle-ci, dans un temps reculé qui n’a pas produit de « discours sur », correspond-elle au concept moderne que nous continuons d’utiliser ? La plongée dans des violences anciennes ne nous permet-elle pas d’enrichir notre conception de l’affrontement violent systématique entre les hommes, en dehors d’une entité constituée ? Enfin quel sens pourrait-on donner à l’hypothèse d’une naturalité de la guerre ?

Bruno Maureille se propose de présenter quelques cas de violences interindividuelles durant les périodes paléolithiques. Marylène Patou-Mathis, à partir de cas plus récents (Néolithique et âge des métaux), proposera une réflexion sur les causes de l’apparition des conflits et l’imaginaire sur la violence dans la préhistoire.

 

Présentation du séminaire :

Peut-on se contenter de considérer la guerre comme un simple objet d’études, alors que les implications anthropologiques se répercutent immédiatement sur le champ politique ? On se réfère au néologisme des « arts premiers », qui ne résout que partiellement la question des différences culturelles, des sociétés chaudes et froides selon Lévi-Strauss, des peuples présumés sans ou avec histoire, pour tenter de lever l’hypothèque qui pèse sur l’anthropologie et l’ethnographie depuis leur naissance. À cet égard la philosophie et les sciences sociales permettent de reformuler les enjeux que les sciences en général et l’anthropologie en particulier rencontrent en élisant la guerre pour objet d’investigation. Y a-t-il une définition présupposée et sous-jacente aux recherches en paléoanthropologie qui découvrent une ancienneté du phénomène belliqueux, aux recherches sur les mythes fondateurs qui racontent la naissance de la société, aux traditions philosophiques qui inventent un état de nature pour délimiter le politique ? Le discours sur la guerre est bien souvent simplificateur, notamment en termes de cultures et de religions. On envisagera par hypothèse une primitivité de la guerre, pour tenter de savoir si elle est le témoignage, voire la preuve, que les hommes, par la violence, font société. Y aurait-il une primitivité du politique qui nous est masquée par des siècles d’élaboration institutionnelle ?

 

Responsables : Ninon Grangé, Audrey Hérisson