Résultats du prix Irondelle 2021 du meilleur mémoire

Le Jury du prix Bastien Irondelle 2021, présidé par le professeur Serge Sur, vient de rendre son verdict. Il a attribué le prix du meilleur mémoire à Cécile du Gardin pour son travail intitulé « Où la peau du lion ne passe pas, se couvrir de celle du renard : pour une déception militaire française. La réhabilitation de la ruse dans la doctrine française d’emploi des forces au moyen des opérations de déception ». Il a également décerné une mention spéciale au mémoire d’Axelle Jourdain-Derros, intitulé « La nécessité d’un système de renseignement pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU ».

La remise des prix aura lieu lors d’une cérémonie le 20 juin 2022.

Lauréate : Cécile du Gardin, « Où la peau du lion ne passe pas, se couvrir de celle du renard : pour une déception militaire française. La réhabilitation de la ruse dans la doctrine française d’emploi des forces au moyen des opérations de déception »

Résumé du mémoire : Ce mémoire a pour objectif d’exhorter à la réhabilitation de la ruse dans la doctrine d’emploi des armées françaises, et ce à travers les opérations de déception. Ce travail se divise en deux parties : l’une, historique, a pour but de comprendre le rapport qu’entretient la France avec la ruse, à travers des exemples concrets et une étude de sa culture stratégique. La seconde, prospective, démontre en quoi la déception peut être un facteur décisif dans la recherche de la victoire et propose quelques recommandations concrètes pour arriver à revaloriser ce procédé dans les opérations militaires. En effet, la déception, qui a pour objectif de surprendre l’adversaire ou l’ennemi pour l’amener à prendre une décision qui soit contraire à ses intérêts, permettrait de faire la différence notamment dans le cadre du retour de l’hypothèse d’engagement majeur. Ainsi, en garantissant la surprise sur le champ de bataille, elle permettra de prendre ou de conserver l’avantage et l’initiative face à un adversaire à parité; et peut être favorisée par les ruptures technologiques que nous connaissons.

Cécile du Gardin a effectué une licence de droit au sein de l’université Paris I Panthéon Sorbonne. Après avoir effectué un cycle jeunes en géopolitique avec l’IHEDN, elle décide de s’orienter vers un master en relations internationales et rejoint le parcours sécurité internationale et défense de l’université Lyon III, sous la direction de Olivier Zajec. Peu familière avec les questions liées à la stratégie, c’est la lecture du livre de Jean Vincent Holeindre intitulé La ruse et la force, une autre histoire de la stratégie, qui l’a poussée à s’intéresser à la dialectique ruse/force. Ses recherches l’ont conduite à lire les travaux du lieutenant-colonel Hémez, chercheur auprès de l’IFRI, sur les opérations de déception. Trouvant ce sujet à la fois novateur et riche, elle décide d’en faire son mémoire de recherche.

A la fin de son master 2, elle décide de poursuivre ses études avec le Mastère spécialisé renseignement de l’IEP d’Aix-en-Provence, ouvert cette année sous la direction du général Serge Cholley et de Monsieur Walter Bruyère Ostells. Elle débute en avril 2022 un stage de six mois au sein de Défense Conseil International, opérateur du ministère des Armées au profit des pays partenaires de la France dans les domaines de la sécurité, de la défense et de l’armement.

Mention spéciale : Axelle Jourdain-Derros, « La nécessité d’un système de renseignement pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU » 

Résumé du mémoire : Après avoir présenté le tabou historique vis-à-vis du renseignement au sein de l’ONU, ce mémoire s’intéresse au processus de développement d’une politique de renseignement pour les opérations de maintien de la paix. Il analyse les facteurs à l’origine de cette évolution, qui marque un changement de paradigme pour le maintien de la paix. Ce mémoire vise également à la compréhension pratique de cette politique, c’est-à-dire sa mise en œuvre sur le terrain. A travers une analyse des coopérations en matière de renseignement, il met en évidence les défis et les enjeux qui se présentent pour le renseignement au sein de l’ONU

Axelle Jourdain-Derros est née et vit à Toulouse, où elle a suivi un cursus de cinq ans à l’Institut d’Etudes Politiques (Sciences Po). En troisième année, elle a étudié pendant cinq mois à l’Université d’Economie et de Business d’Athènes, en Grèce, avant d’effectuer un stage au sein d’ADVANS Group. En master, elle s’est spécialisée en relations internationales et gestion de crise et a, parallèlement, géré une activité en tant qu’auto-entrepreneuse dans le domaine de la rédaction web. Attirée par les questions relatives au maintien de la paix, elle a rédigé un mémoire sur le renseignement dans les OMP.

De mars à septembre 2021, elle a réalisé son stage de fin d’études au Département des Opérations de Paix de l’ONU, au sein de la Section Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR), où elle a notamment effectué un travail de recherche sur l’évolution du DDR depuis l’apparition de ces activités dans les OMP.

Officiellement diplômée depuis décembre 2021, elle occupe actuellement la fonction de Chargée d’Études au Centre d’Etudes Stratégiques Aérospatiales de l’Armée de l’Air et de l’Espace, pour une durée de trois mois.